Des millions de Français victimes de la maladie du soda

Trop de sodas – même light –, trop de graisses animales riches en acides gras saturés et en cholestérol et peu d’activités physiques sont un poison pour le corps./Photo DDM archives

La maladie du soda ou stéato-hépatite non alcoolique est encore largement ignorée. Pourtant, elle toucherait aujourd’hui près de 6 millions de Français. Les spécialistes sonnent l’alarme.

Alexia a à peine 30 ans et deux beaux enfants de 2 et 7 ans scolarisés en Haute-Garonne. Aujourd’hui, elle va bien. Mais demain ? Depuis 2005, la jeune femme vit avec une inconnue qui lui gâche la vie et assombrit son avenir. Dans le foie, ses taux de transaminases et de gamma GT sont à hauteur de ceux d’un alcoolique et un «voile graisseux» tapisse l’organe. Pourtant la jeune femme n’a jamais bu une goutte d’alcool et ne fume pas pour autant. À peine est-elle caractérisée par un léger surpoids.

Une menace pour nos enfants

Les yeux humides, Alexia raconte qu’elle a déjà consulté trois spécialistes à Montpellier, Toulouse et Mazamet. Elle tremble à l’idée que sa maladie soit celle du soda, autrement appelée Nash pour stéato-hépatite non alcoolique.

Après une biopsie du foie en 2007, il est confirmé qu’il n’y a pas d’hépatite mais la dérégulation de l’organe est un fait. Ses «atroces maux de tête», ses «vertiges» et une «fatigue invalidante» aussi. à ce jour, il n’existe aucun traitement, les marqueurs de la maladie n’ayant pas été encore définis. Le seul conseil à prendre est de perdre du poids pour tenter de se débarrasser du voile graisseux.

«Cette affection touche les personnes en surpoids, victimes d’obésité, de diabète ou de dyslipidémie» (NDLR : trop de cholestérol) commente le professeur Jean-Marc Combis, gastro-entérologue à Toulouse. Quant au diagnostic dit de certitude il ne peut être établi que par une biopsie du foie suivie d’un fibro-scan pour préciser la mesure de la fibrose. «C’est pour cela que la Nash est préoccupante, ajoute le Dr Combis. Comme toutes les maladies chroniques du foie, elle peut aboutir sur une cirrhose ou un cancer».

Aujourd’hui, cette affection silencieuse toucherait près d’un Français sur dix. «Ce chiffre correspond au nombre de personnes en surpoids en France» remarque encore le Dr Combis. Mais toutes n’ont pas un Nash. Il y a plusieurs catégories d’atteinte du foie dans les troubles métaboliques. Ça peut être le banal foie gras – on a de la graisse dans le foie et c’est réversible. On maigrit, on normalise le diabète et le gras disparaît. C’est l’addition du foie gras, de la nécrose des cellules du foie, et l’apparition de fibrose qui font la Nash. «Toute la difficulté, est de faire la différence entre une banale stéatose et le véritable Nash» rappelle Jean-Marc Combis. L’épreuve que vient de traverser le très médiatique Pierre Ménès, en son une parfaite illustration (lire ci-dessous).

Conséquence de la vie moderne

Reste que la Nash est clairement une conséquence de la vie moderne. Trop de sodas – même light –, trop de graisses animales riches en acides gras saturés et en cholestérol et peu d’activités physiques sont un poison pour le corps. Au point qu’aujourd’hui de 3 à 11 % des enfants des pays occidentaux ont développé une Nash. Dernier point, il semblerait que la Nash ne soit pas réservée qu’aux personnes en surpoids. Un groupe de chercheurs japonais a mis en évidence la fragilité des buveurs légers, ceux qui ne tiennent pas l’alcool à qui il est conseillé de faire fréquemment tester les taux de ?transaminase SGTP.

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